• Erwan

Xiamen

La Chine est grande, la France est petite. Ce fut pour certains la première phrase de chinois qu'ils ont apprise. Personnellement j'ai plutôt appris à me présenter, mas le fait est : la Chine c'est grand. Et on ne réalise pas à quel point avant d'y vivre.

Les tours opérators traditionnels se contentent souvent de faire visiter les mêmes sites que tout le monde connaît : la Cité interdite, la Grande Muraille, l'armée de terre cuite... c'est très beau, ça vaut le déplacement, il y a du monde pour une raison, mais se contenter de ça n'est pas mieux que ces touristes qui se contentent de la Tour Eiffel et Versailles pour « faire la France ». D'ailleurs, il y a aussi une Tour Eiffel en Chine, si vous voulez. Il y en a même plusieurs.

Est-il possible de « faire un pays » ? Faire la Chine, la France, suppose de tout voir, tout vivre, or l'expérience touristique est par essence courte et limitée. On peut choisir de se limiter aux grands sites touristiques en reconnaissant qu'il est impossible de faire un pays, on peut creuser un peu plus avec un guide local ou des destinations moins connues. On peut aussi vivre sur place, ce qui n'est pas donné à tout le monde, en particulier dans un pays qui reste encore assez fermé comme la Chine.


J'ai eu la chance de vivre un an en échange universitaire à Xiamen, la deuxième ville la moins polluée et la plus ensoleillée de Chine, raisons principales pour lesquelles je l'avais choisie. Je n'ai pas du tout regretté ce choix malgré un nouveau campus très excentré de la ville.

Xiamen est une ville du sud-est de la Chine, au bord de la mer, nichée sur une grande île ronde en face du continent. Elle fait partie des quatre premières villes à avoir été ouvertes à l'étranger en 1980 en tant que Zone Économique Spéciale. De ce fait, cette ville, petite pour la Chine (4 millions d'habitants seulement), est très dynamique.

Elle est en Chine une destination touristique prisée. La ville est réputée pour sa douceur de vivre, son climat, sa végétation, ses monuments... Maintenant, à vous d'y aller avec ces quelques lieux à visiter :

Gulangyu 鼓浪屿 :


Une rue à Gulangyu, toute en briques victoriennes, loin de l'idée qu'on a de la Chine

Au 19 ème siècle, après la défaite de la Chine lors de la première guerre de l'opium, le pays a été forcé de s'ouvrir. En 1843 Xiamen fut une des premières villes chinoises à se voir forcée d'accueillir un comptoir occidental, géré par les Grandes Puissances. La présence étrangère eu une grande influence sur la ville. Pour tout de même limiter la présence étrangères, les occidentaux furent obligés de s'installer sur la petite île de Gulanyu, en face de Xiamen aujourd'hui classée au patrimoine mondial pour son « exemple exceptionnel de la fusion culturelle née de ces échanges. »


Vue de la mer depuis un temple à Gulangyu



En effet, une fois sur l'île on se retrouve dans un mélange de Londres victorienne et de Chine assez dépaysant et très plaisant. Il faut s'y balader toute une journée voire y passer une nuit pour profiter du calme : les voitures sont bannies de l’île et les touristes ne restent en général pas la nuit, vous permettant de profiter de ce lieu exceptionnel pour vous seuls. Vous pouvez aussi jeter un œil au musée des pianos ou à la statue majestueuse de Koxinga, le roi de Taiwan.






Zhongshan lu 中山路 :


Juste en face de Gulangyu s'étire l'une des principales artères commerçante de la ville : Zhongshanlu. Elle est la preuve que les influences étrangères ne se sont pas limitées à Gulangyu. Toute l'avenue piétonne joliment restaurée permet de profiter du mariage de l'Art Déco avec les codes architecturaux locaux : le « Amoy Déco » est né ici.

Zhongshanlu

Il est facile de se perdre dans les très nombreux magasins et de vouloir gouter à tout, mais je préfère me perdre dans les rues alentours. Du même style architectural, elles n'ont en général pas (encore?) eu droit à un lifting ou une piétonisation, mais conservent le cachet de l'ancien et une vie locale très présente.




Shapowei 沙坡尾, temple Nanputuo 南普陀寺, Campus de l'université de Xiamen 厦大校园 et la plage :


La rue des chats est parfaite pour se relaxer



En continuant vers le sud vous entrerez dans le quartier de Shapowei, des anciens quartiers populaires qui ont été réhabilités et transformés en zone artistique, avec de nombreuses galeries, des bars branchés, boites de nuit, stand d'artisanat... Un endroit typiquement bobo en somme, dont la rue des chats attire plus d'un curieux. Le centre de ce quartier est un ancien petit port de pêche, aujourd'hui entouré de petits restaurants très sympathiques.









Juste à coté vous trouverez le temple Nanputuo, un temple bouddhiste, le plus célèbre de la ville, adossé à la montagne. Le temple vaut le détour, la balade dans la montagne aussi, pour profiter des points de vue et des petits sanctuaires dans les grottes – même si s'y perdre est facile...


C'est parfait d'étudier là, dommage ce n'était pas mon campus...

Si vous choisissez de continuer vous arriverez à l'ancien campus de Xiamen, encore en activité... mais attraction touristique majeure de la ville ! Si vous n'êtes pas étudiant de l'université, vous allez devoir faire la queue pour pouvoir admirer les bâtiments mêlant style du Fujian et style occidental, dans leur écrin de verdure, ainsi que le fameux tunnel entièrement recouvert d’œuvres de street art !



Après ça, achetez une mangue à un vendeur ambulant et allez la déguster sur la plage juste en face du campus, une des plus belles de la ville, ou continuez à marcher le long du chemin piéton qui fait presque tout le tour de l’île.

Xiamen et toute sa région valent totalement le détour, voire justifient un voyage exprès pour admirer toutes leurs beautés.